Logiciels & technologies legacy

Mon éditeur ne met pas mon logiciel à jour pour septembre : que faire ?

Éditeur logiciel inactif pour la facturation électronique ? Vos options concrètes : portail, migration ERP, ou couche de conformité en lecture seule.

La rédaction Liadenn 7 min de lecture

Votre logiciel de gestion tourne depuis des années. Il fait le travail. Mais l’échéance de la facturation électronique approche, et votre éditeur reste silencieux. Pas de mise à jour annoncée. Pas de feuille de route claire. Peut-être même un logiciel qui n’est plus vraiment maintenu.

Vous n’êtes pas seul dans cette situation. Beaucoup d’entreprises s’appuient sur des outils anciens (WinDev, Magic XPA, Delphi, Access, AS400/RPG, anciennes versions de Sage ou NAV) qui font très bien leur métier, mais dont l’éditeur ne suivra pas la réforme. Voici ce que vous pouvez faire, calmement, sans paniquer.

D’abord, rappelez-vous le calendrier réel

La réforme française de la facturation électronique a un calendrier fermé. À ce jour, aucun report n’est prévu (sources DGFiP, la Direction générale des Finances publiques).

  • 1ᵉʳ septembre 2026 : toutes les entreprises doivent être capables de recevoir des factures électroniques. Sans exception de taille.
  • 1ᵉʳ septembre 2026 : les grandes entreprises et les ETI (entreprises de taille intermédiaire) doivent aussi émettre leurs factures au format électronique et faire leur e-reporting (la transmission de certaines données à l’administration).
  • 1ᵉʳ septembre 2027 : c’est au tour des PME, TPE et micro-entreprises d’émettre et de faire leur e-reporting.

Selon votre taille, vous avez donc un peu plus ou un peu moins de temps. Mais l’obligation de recevoir concerne tout le monde dès 2026. C’est le premier point à vérifier pour votre entreprise.

Un mot sur le fonctionnement. La réforme repose sur une architecture en Y : vous ne déposez plus vos factures sur un portail public gratuit. Vous passez par une Plateforme Agréée (PA, anciennement appelée PDP), qui transmet vers le Portail Public de Facturation (PPF). Le PPF est devenu un annuaire et un concentrateur, pas un guichet de dépôt. Autrement dit, il vous faut un intermédiaire agréé.

Le silence de votre éditeur n’est pas une impasse

Si votre éditeur ne met pas votre logiciel à jour, vous avez essentiellement trois voies. Aucune n’est parfaite, et le bon choix dépend de votre situation. Regardons-les honnêtement.

Option 1 : la ressaisie manuelle dans un portail

La plupart des plateformes proposent un portail web où vous saisissez vos factures à la main. Vous reportez, ligne par ligne, ce que votre logiciel a déjà produit.

Cette option a un avantage : elle ne demande aucune intégration technique. Si vous émettez très peu de factures par mois, elle peut suffire à court terme.

Mais ses limites apparaissent vite. La ressaisie double le travail : vos équipes saisissent l’information une première fois dans votre logiciel, une seconde fois dans le portail. Chaque saisie manuelle est une occasion d’erreur (un montant, un taux de TVA, un numéro de client). Et plus votre volume de factures augmente, plus cette charge devient lourde et fragile. Pour une activité soutenue, ce n’est pas une solution durable.

Option 2 : migrer vers un nouvel ERP

L’autre extrême consiste à changer de logiciel : remplacer votre outil ancien par un ERP (progiciel de gestion intégré) moderne, déjà préparé pour la réforme.

Sur le papier, c’est la solution la plus complète. En pratique, c’est un projet lourd. Une migration d’ERP se compte généralement en plusieurs mois de travail. Il faut reprendre les données, reparamétrer les processus, former les équipes, et accepter une période de transition délicate. Le coût est souvent élevé, et il dépasse généralement le seul prix des licences : il y a l’accompagnement, le temps interne mobilisé, et le risque que la bascule perturbe votre activité.

Cette voie a du sens si votre logiciel actuel est réellement en fin de vie, ou si vous aviez déjà un projet de modernisation en tête. Mais la faire uniquement pour répondre à l’échéance de la facturation électronique revient souvent à déployer un projet lourd pour une question qui peut être traitée autrement. Le calendrier de la réforme ne devrait pas, à lui seul, vous forcer à changer un outil qui fonctionne.

Option 3 : ajouter une couche de conformité, sans toucher à votre logiciel

Il existe une troisième voie, intermédiaire. Plutôt que de ressaisir ou de tout remplacer, vous ajoutez une couche de conformité qui lit les données déjà présentes dans votre logiciel et les prépare pour la réforme. Votre outil de gestion ne change pas. Vous continuez à travailler comme avant.

C’est exactement le rôle de Liakont, le produit édité par Liadenn. Liakont est une passerelle : elle rend votre logiciel de gestion existant compatible avec la réforme, sans le remplacer ni le modifier.

Le point à comprendre, et qui rassure le plus les entreprises que nous accompagnons, c’est le principe de lecture seule stricte. Un agent léger se connecte à votre base de données via ODBC (un standard d’accès aux données) et se contente de lire. Aucune écriture. Aucun INSERT, aucun UPDATE, aucun DELETE. Aucun verrou posé sur vos données. Votre logiciel continue de fonctionner sans être sollicité par cette lecture. Si le réseau est coupé, les données sont mises en attente dans un buffer local chiffré, puis reprises ensuite. L’approche est conçue pour ne rien modifier dans votre outil de production : on se contente de lire.

Une fois les données lues, elles sont normalisées au standard européen EN 16931 (la norme qui définit le format d’une facture électronique). Le mapping de la TVA est paramétré pour votre entreprise, puis validé par votre expert-comptable avant toute mise en service : ce n’est pas une machine qui décide seule de votre traitement fiscal. Une vingtaine de contrôles qualité vérifient ensuite la cohérence des données. L’un d’eux, par exemple, vérifie l’équilibre HT + TVA = TTC (la règle EN 16931 dite BR-CO-15). Si une facture est incohérente, on préfère bloquer et vous alerter plutôt que de transmettre une facture fausse.

Un point important pour éviter tout malentendu : Liakont n’émet pas la facture légale. Liakont prépare et transmet des données structurées à une Plateforme Agréée partenaire, et c’est cette plateforme agréée qui produit la facture conforme et l’achemine via les flux officiels. Liakont est une Solution Compatible (SC) adossée à une PA. C’est cette répartition des rôles qui permet de garder votre logiciel intact pendant que la partie réglementaire est prise en charge par un acteur agréé.

Comment choisir entre ces trois options

Posez-vous quelques questions simples.

  • Quel est votre volume de factures ? Faible et stable : un portail peut dépanner. Significatif ou en croissance : la ressaisie manuelle vous coûtera plus cher en temps et en erreurs qu’une solution intégrée.
  • Votre logiciel est-il en fin de vie ? Si oui, et si vous envisagiez déjà de le remplacer, une migration peut être justifiée. Si votre outil fonctionne et que vous y tenez, le conserver est légitime.
  • Avez-vous besoin que ce soit en place rapidement ? Une couche de conformité en lecture seule se déploie sans refondre votre système, ce qui change la nature du projet.

Il n’y a pas de réponse universelle. Le bon choix dépend de votre activité, de votre logiciel et de vos contraintes. Sur les aspects fiscaux (mentions obligatoires, traitement de la TVA, cas particuliers), il convient de vous appuyer sur l’analyse de votre expert-comptable ou de votre conseil : nous citons les textes comme des repères, jamais comme une interprétation tranchée à votre place.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Le silence de votre éditeur ne veut pas dire que vous êtes coincé. Cela veut dire qu’il faut décider par vous-même, et tôt.

Pour avancer concrètement, deux pistes sans engagement :

  • Un diagnostic de compatibilité : nous regardons votre logiciel et votre base de données, et nous vous disons franchement si une lecture seule est possible dans votre cas, et à quelles conditions.
  • Une liste d’attente par technologie : selon votre environnement (WinDev, Magic XPA, Delphi, Access, AS400/RPG, anciens Sage ou NAV), vous êtes informé dès que la prise en charge de votre cas est prête ou en avancement.

Nous distinguons toujours ce qui est opérationnel aujourd’hui, ce qui est en construction et ce qui relève de la feuille de route. Vous ne devriez prendre votre décision que sur des éléments vérifiables.

La première étape n’est pas de signer quoi que ce soit. C’est de faire le point sur votre échéance réelle et sur l’état de votre logiciel. À partir de là, vous saurez quelle option, parmi les trois, correspond vraiment à votre entreprise.

Votre logiciel est-il prêt pour la réforme ?

Vérifiez en quelques minutes si votre logiciel de gestion peut être rendu conforme — sans le remplacer.